Journal d'un OM niçois dans l'océan indien - Jean-Claude MASCARELLI - Since 1999
« Dans la vie, rien n’est à craindre, tout est à comprendre. » - Marie Curie, prix Nobel (physique en 1903 et chimie en 1911)

Antennes/FR5EC Dragonfly Beam


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At the beginning of 2026, a new antenna was born: a directional, hybrid design inspired by three concepts: Moxon, W8JK, and log-periodic.

The "FR5EC Dragonfly Beam," as it is officially named, is a compact directional antenna primarily intended for the 20-meter band, with the possibility of extending it to the 15-meter and 10-meter bands.

The concept is based on a synthesis of three directional antenna principles:

  • Symmetrical coupling and feed inspired by the W8JK,

  • Compactness and replica elements inspired by the Moxon,

  • Wideband behavior similar to a log-periodic structure.

The goal is to obtain a lightweight, high-performance directional antenna with a short boom, streamlined mechanics, a wide bandwidth, an excellent front-to-back ratio, and an integrated lossless balun sleeve.

Operating Principle: The antenna comprises two main elements, both driven.
Feeding is achieved in opposite phase (180°) via two parallel conductors formed by two square tubes that constitute the boom. This geometry ensures good electrical symmetry and limits gain currents on the coaxial cable, not to mention the overall robustness and lightness.

The addition of a lossless "sleeve balun", thanks to the coaxial cable being routed internally within the lower tube, eliminates all residual sheath currents.

Designer:

Concept developed by FR5EC – La Réunion - 2026.


Historique :


Première version du concept, la "Moxon/W8JK hybride by FR5EC" (dans les années 2006). J'ai développé cette antenne hybride, il y a plus de 20 ans déjà !
Vous pouvez voir une ancienne publication de cette antenne, en cliquant sur ce lien.


Aujourd'hui (en 2026) :


apport de solutions inédites et originales au niveau de la conception, et notamment de l'alimentation de l'antenne, qui s'appelle désormais "FR5EC Dragonfly Beam" :

  • une alimentation en câble coaxial 50 ohms, plus pratique qu'une ligne bi-filaire,
  • émetteur et réflecteur alimentés par une ligne parallèle avec un déphasage de 180°,
  • un boom inédit, élégant, intégrant un balun infini (sans pertes), inspiré de... l'antenne log-périodique,
  • une construction super légère, facilement transportable, pratique en période cyclonique, ici à La Réunion, ou en portable (SOTA)
  • un QSJ raisonnable.
  • etc.

A force d'étudier les antennes existantes, et notamment l'antenne log-périodique, je me suis dit, voilà donc "LA" solution élégante à transposer et à mettre en œuvre !

J'ai choisi d'utiliser le boom en aluminium anodisé noir (voir les précautions à prendre plus loin).

 Deux tubes carrés espacé de 8mm, forment la colonne vertébrale  de l'antenne, et assurent la ligne de transmission avec un déphasage de 180° entre le réflecteur et l'émetteur.
Ainsi la structure est beaucoup plus simple qu'une W8JK, avec la disparition de ces fils croisés, si disgracieux et si fragiles !

Quelques remarques,
d'après la littérature, on oubliera pas que :
  •  pour une antennes Log-périodique, l'impédance sera de 50 Ohms au point d'alimentation, si au niveau du boom,  l’espacement entre les deux tubes carrés est égal à 20% de la largeur des tubes en vis à vis.
    Si les deux tubes carrés font 40 mm de côté, l’espace entre les deux tubes sera donc de 40/5 = 8 mm.
  • pour la W8JK les deux éléments sont alimentés en opposition de phase (180°), donc :
    • les courants sont de sens opposé,
    • le champ rayonné s’additionne dans une direction et se soustrait dans l’autre,
    • on obtient un diagramme directif sans réflecteur classique.
    • la W8JK, est une forme de réseau à deux éléments couplés plutôt qu’une Yagi.
  • Évolution de mon concept vers une structure "quasi log-périodique" :
    • les éléments ne sont plus strictement identiques,
    • leurs longueurs et espacements peuvent être optimisés sur plusieurs bandes,
    • le système se rapproche alors fonctionnellement d’une log-périodique à deux éléments actifs.
    • même si ce n’est pas une vraie log-périodique, le comportement large bande et la stabilité d’impédance rappellent clairement la logique LP, en effet :
      • il n’y a pas de progression géométrique stricte (τ, σ),
      • il n’y a pas d’alimentation alternée progressive sur une ligne bifilaire.
  • Pourquoi le boom constitué de 2 tubes carrés isolés est une astuce fondamentale et inovante :
    • chaque tube sert de support mécanique, aux éléments rayonnants,
    • le boom ne rayonne pas, il est "électriquement neutre"
    • on se rapproche de la philosophie des LPDA à boom isolé :
      • donc moins de courants parasites,
      • un diagramme de rayonnement plus propre,
      • une meilleure reproductibilité.
  • Choix de la matière des tubes :
    • j'ai fait le choix de l’aluminium anodisé noir, pourquoi ?
      On sait que les deux tubes 40×40 mm forment une ligne d’alimentation symétrique, ce n'est pas un élément rayonnant principal, donc le champ RF est confiné entre les deux tubes et le rayonnement est très faible vers l’extérieur. Comme le boom ne rayonne pratiquement pas, son état de surface (brut ou anodisé) n’influence quasiment pas le rayonnement !
    • Un seul point critique (très important), il faut optimiser tous les contacts électriques aux différents points de connexion : PL point chaud, PL masse, connexion des quatre éléments filaires rayonnants (connexions à l'intérieur des tubes)... A cet effet, il faut enlever l’anodisation en ponçant les zones de contacts au papier abrasif (ou grattage), préférer utiliser des rondelles éventail (qui s'incrustent dans l'aluminium) et de la graisse conductrice (le top).
  • Avantages de ce choix :
    • Protection contre la corrosion
    • Aspect esthétique (antenne “pro”)
    • Moins d’oxydation à long terme
    • Pas d’entretien, très bon choix pour une antenne extérieure
    • Aucun impact sur le fonctionnement de l'antenne (à condition de soigner les contacts électriques)

Le boom, de l'antenne "FR5EC Dragonfly Beam"


Explication : au point d'alimentation du coaxial situé vers l'avant, le point froid, (masse de la PL de châssis) est fixé sur le tube jaune inférieur, et le point chaud de la PL est connecté sur le tube orange supérieur, le coaxial entre par l'arrière du tube jaune inférieur et chemine à l'intérieur de celui-ci au centre par des entretoises...


Un... balun sans pertes, et "invisible"...


Pour l'antenne "FR5EC Dragonfly Beam", j'ai fait le choix de faire passer le coaxial à l’intérieur du tube inférieur du boom, ainsi l'ensemble se comporte comme un "sleeve Balun" et donc comme un “balun quasi infini”, sans perte mesurable de gain, si la géométrie est bien maîtrisée.

Schéma de principe  d'un Sleeve Balun - Sources

Comment ça marche, et où sont les pièges.

Pourquoi ça fonctionne (théorie)

Quand le boom est symétrique (2 tubes identiques) l’antenne est alimentée en opposition de phase (180°), si le coaxial est parfaitement confiné à l’intérieur du tube conducteur inférieur, alors le champ externe du coaxial est annulé. Le tube agit comme un blindage total, une gaine conductrice à potentiel constant, et un chemin de retour parfaitement défini. Aucun courant de mode commun ne peut se développer sur la gaine externe.

Note : C’est exactement le même principe que les antennes Yagi professionnelles à boom creux, les log-périodiques broadcast et certaines antennes militaires.

D’où le terme parfois utilisé (un peu abusivement) de "balun infini".

La littérature sérieuse (ARRL), nous dit que :

  • Gain : identique à un balun parfait
  • Diagramme : strictement inchangé
  • F/B : stable
  • ROS : indépendant de la longueur du coaxial
  • Aucune perte mesurable, surtout en HF, c’est encore plus tolérant qu'en UHF/VHF

Attention aux règles nécessaires à un fonctionnement correct (sinon ça ne marchera pas) :

  • Le coaxial doit être entièrement à l’intérieur du tube carré, depuis son entrée par l'arrière, jusqu’au point d’alimentation à l'avant.
    Important :
    le coaxial, fixé plus bas sur le mât vertical, monte donc à la verticale en formant un "S" avant d'entrer par l'arrière du boom et doit arriver perpendiculairement à celui-ci, pour éviter tout couplage.
  • Il est préférable que le coaxial ne touche pas le tube, la gaine doit être intacte et centrée avec soin avec des entretoises disposées tous les 30 cm.

 .

Dans notre choix, c’est un cas quasi idéal, le tube inférieur devient un "sleeve balun parfait" avec une impédance de choc très élevée (>10 kΩ), donc aucun choke balun supplémentaire n’est requis !

Vérification simple à faire sur le terrain, pour se rassurer :

  • mesurer le ROS,
  • déplacer la main le long du coaxial,
  • changer la longueur du coaxial,

si rien ne change, c’est OK, le mode commun est en principe nul.


L'alimentation de l'antenne :


La PL de châssis est montée sur le haut du tube inférieur (la pine centrale passe au travers d'un trou en partie basse du tube supérieur, celle-ci (la pine) sera reliée électriquement à l'intérieur du tube via un fil soudé et relié au tube par une cosse et une vis de 3mm inox), le câble coaxial de l'alimentation sera soudé à la prise coudée.

PL coudée vissée sur PL de chassis


La simulation :


Simulation avec le logiciel MMANA (lien pour télécharger)

Important :

Le boom ne rayonnant pas, je peux le supprimer, mais pour que la simulation soit correcte, je dois créer deux sources d'alimentations avec un déphasage de 180°.

COMMENT CRÉER LA SOURCE 2 (MMANA)

Couper le fil du REF au milieu (2 segments séparés)
dans Géométrie, sélectionner le fil du réflecteur
Ajouter la source dans géométrie, après Source 1 (DE), ajouter Source 2 :
Paramètres de la source 2, renseigne Wire (fil), numéro du fil du REF, segment au centre, Voltage (V) : 1.0, Phase (deg) : 180°

cf simulation

CONTRÔLE FINAL, avant simulation, on doit voir :

  • Emetteur = source 1 (ajout automatique) :
    • phase = 0°
    • amplitude = 1 V
  • Réflecteur = source 2 (ajout manuel) :
    • phases = 180°
    • amplitudes identiques  = 1 V

Première simulation : (provisoire)


Je publie avant l'heure cette simulation cohérente pour vous faire patienter. Sachez que l'approche finale est très fine et c'est laborieux... Dors et déjà, vous pouvez vous lancer dans la construction et être sûr que cette antenne fonctionne presque du premier coup !

Rappel : Le boom central peut être réalisé avec de l'aluminium anodisé noir (aspect pro) moyennant quelques précautions pour les contacts ou en aluminium brut suivant votre envie !


Dimensions provisoires car le ROS est encore élevé,
il faudra peaufiner... le GAP

Rôle du gap, ce petit écart est essentiel car :

  • il contrôle le couplage électromagnétique entre les deux éléments ;

  • influence l’impédance d’entrée de l’antenne ;

  • agit sur la résonance et le rapport avant/arrière.

En pratique, dans une Moxon rectangle, les extrémités sont repliées vers l’intérieur sans se toucher.
La distance qui les sépare s'appelle le gap.

Importance du réglage :

  • Gap trop petit → couplage trop fort, désaccord possible ;

  • Gap trop grand → perte d’efficacité directionnelle.

En résumé :

  • Le gap est donc un paramètre mécanique critique qui détermine une grande partie des performances électriques de l’antenne Moxon.

 

A noter la symétrie des courants

A noter le rapport avant/arrière de 20.1 dB

 

 


Premiers achats à prévoir :


  1. deux tubes carrés de 40 mm de section (40mmx40mmx2mm)  sur 2.50 m de long en aluminium (anodisé ou brut selon votre goût)
  2. une plaque en fibre de verre de 8mm d'épaisseur de 30cmx20 cm.
    Après découpe vous obtiendrez deux pièces (que j'appellerai hub). Dimension du hub : 30cmx4cmx8mm, il permet, d'une part, de solidariser les deux tubes carrés espacés de 8 mm ce qui constituera le boom et d'autre part les supports des cannes en fibre de verre.

    NB : La chute de la plaque en fibre de verre nous servira à la fixation du boom sur le mât. 
  3. Colle résine et fibre de verre Sintofer (Répare métal)
    A noter : l'assemblage des deux tubes sera réalisé uniquement par collage (pas de vis).
  4. Quatre cannes en fibre de verre

etc.


Sintofer


Montage de l'antenne


Préparation du tube supérieur du boom (point chaud de l'alimentation de l'antenne) :

  • (B) un trou de 3mm pour le passage des fils rayonnants émetteur

  • (H) un trou de 3mm pour le passage des fils rayonnants réflecteur

  • (A) un trou de 3mm pour les fixations des fils à l'intérieur du tube (émetteur)

  • (G) un trou de 3mm pour les fixations des fils à l'intérieur du tube (réflecteur)

  • (C) un trou de 8mm pour le passage du fil soudé au point chaud de la PL vers le tube du haut

Préparation du tube inférieur du boom :

  • (D) un trou pour la fixation de la PL diamètre de 16 mm

  • (E) un trou de 3mm pour le passage des fils rayonnants émetteur

  •  (I) un trou de 3mm pour le passage des fils rayonnants réflecteur

  •  (F) un trou de 3mm pour les fixations des fils à l'intérieur du tube (émetteur)

  •  (J) un trou de 3mm pour les fixations des fils à l'intérieur du tube (réflecteur)

Préparation du HUB en fibre de verre : cette pièce permet, d'une part, de supporter  les quatre cannes en fibre de verre, et d'autre part, de maintenir les deux tubes carrés à la bonne distance pour permettre l'alimentation de l'antenne avec un coaxial de 50 Ω.

Détail du hub (côté réflecteur)
NB : les 4 encoches sont tracées à 7 mm du bord,
laisser une marge de 1.5 cm entre l'extrémité de la canne
et le boom afin de ne pas trop fragiliser le hub

Détail du hub (côté émetteur)
A noter, le trou permettant le passage de
la PL de châssis au droit du boom

Ce qu'il faut dire :

Sur une FR5EC Dragonfly Beam, le fait de laisser un ajustement légèrement « lâche » entre les cannes en fibre de verre et le hub n’est pas un défaut : c’est volontaire pour faciliter l’alignement final avant collage définitif.

L’astuce consiste à utiliser le petit jeu mécanique comme possibilité de réglage angulaire.

Voici le principe :

Les 4 cannes doivent former une géométrie parfaitement symétrique. Si l’emmanchement est trop serré dès le départ : impossible de corriger un léger décalage, les pointes ne tombent pas exactement au même plan, la beam peut vriller légèrement, la tension des fils rayonnants devient inégale. Avec un ajustement un peu libre : on monte les 4 cannes à blanc, on installe provisoirement les fils/haubans, puis on fait tourner ou coulisser très légèrement chaque canne dans le hub, jusqu’à obtenir : une croix parfaitement centrée, des diagonales égales, un plan bien plat, une tension identique sur les éléments.

Ensuite seulement :

on repère la position finale (feutre, scotch, trait), on démonte une par une, puis collage époxy définitif dans la position repérée.

Une autre raison importante : l’époxy lubrifie un peu au moment du montage, donc un tube déjà très serré peut se déplacer brutalement pendant le collage, alors qu’un ajustement contrôlé permet un repositionnement précis avant prise.

En pratique, sur ce type de beam légère : on cherche un emboîtement « glissant sans jeu excessif », pas flottant, mais pas bloqué non plus.
Beaucoup de constructeurs ajoutent aussi : un montage à blanc complet sur table, mesure des diagonales, contrôle visuel en regardant la beam de face, puis collage définitif seulement quand tout est parfaitement aligné.

C’est une méthode classique de construction d’antennes en fibre de verre pour éviter : les contraintes mécaniques, les déformations permanentes, et les désaccords dus à une géométrie asymétrique.

Assemblage du HUB et des cannes par collage (côté réflecteur)

 

 

Assemblage du HUB et des cannes par collage (côté émetteur)

 

stand by pendant la simulation...

.... patience pour le final.... 

 

 

Auteur : Jean-Claude Mascarelli - FR5EC - qrz.com